Suite à une commission générale au cours de laquelle nous n’avons pas pu faire entendre notre point de vue, nous avons rédigé une note, ci-dessous, transmise au Maire, qui concerne le fonctionnement du Cerca et l’organisation du service culturel. Cette commission générale traitait des conséquences économiques de la fin de la délégation accordée à l’OCB pour la programmation culturelle à Brignais.

 

REGIE AUTONOME ET CERCA : NOTRE ANALYSE

Nous regrettons que la commission générale du 5 mars 2015 n’ait pas permis des échanges sereins. D’autre part, le document de l’intervenant réalisé pour l’étude n’ayant pas été communiqué aux élus préalablement, nous n’avons pu réagir en temps réel. Voici donc notre position sur les sujets abordés au cours de cette commission générale.

  1. Concernant l’étude :

Réalisation de l’étude :

  • Intervenant

Nous supposons que le cabinet qui a réalisé l’étude comparative, présentée en commission n’est pas celui qui a conseillé la commune lors du passage en régie.

  • Cahier des charges et contenu :

L’OCB a été dissoute et ses salariés, licenciés, ont été remplacés par des fonctionnaires. Le périmètre d’action de l’OCB était très simple : gérer la programmation culturelle de la commune au sein du Briscope, avec 4 personnes : un directeur, deux assistantes et un technicien. Les coûts de fonctionnement de l’OCB étaient faciles à appréhender, à partir de son compte de résultat.

Il suffisait alors de décrire et chiffrer en coûts directs l’organisation actuelle qui s’est substituée à celle qui existait pour le même périmètre.

La régie autonome ayant d’autres missions et d’autres locaux à gérer, le document produit donne un sentiment de confusion.

  • Sur les coûts

L’étude démontre qu’à effectif constant il n’y a pas actuellement d’augmentation du coût de personnel, mais elle ne met en évidence aucune économie substantielle pour la commune. Pourtant, lors d’un changement d’équipe, on recrute en général, à poste équivalent, du personnel payé au début moins cher (plus jeune, moins d’ancienneté, pas de départ à la retraite à envisager …), ce qui diminue mécaniquement le coût des salaires.

  • Sur le fond

La disparition de l’OCB a été un traumatisme pour nombre de personnes qui avaient à cœur de s’en occuper :

Une structure associative qui assurément aurait gagné à évoluer a été décapitée, des postes supprimés et remplacés par la création d’emplois de fonctionnaires. On a substitué de l’emploi public avec les lourdeurs propres à toute administration, à de l’emploi privé et à la souplesse de gestion d’une association autonome, sans réaliser d’économies substantielles, et ceci pour un nombre décroissant d’abonnés aux spectacles.

  1. Fonctionnement de la régie actuelle

A la difficulté de mettre en œuvre un nouveau bâtiment, a été ajoutée celle de créer une nouvelle entité administrative (la régie).

Mais actons que désormais celle-ci existe.

Le Cerca, nécessaire lorsqu’on crée ce type de structure, est une organisation dans laquelle les élus et les permanents peuvent se retrouver, mais qui n’est pas comprise par les associations. La plupart d’entre elles se demandent ce qu’on attend d’elles et ont le sentiment de perdre leur temps lors des réunions.

  1. Organisation de l’activité culturelle

Pour être concret, notre regard sur l’activité culturelle de la commune, s’articule autour des différentes missions remplies par le service en charge de la culture :

  1. Programmation culturelle. Il nous semble qu’il existe trois volets dans cette dimension :
  • une programmation de spectacles « professionnels » (acteurs, musiciens, one man show, etc…), à destination des adultes et des enfants. Cette offre est essentielle pour valoriser l’action culturelle de la commune ;
  • une programmation alliant professionnels et amateurs (musique, théâtre), qui permet à nos association de côtoyer l’excellence dans leur domaine et nécessite une bonne coordination entre les associations et le service culturel ;
  • une programmation purement associative, qui passe par l’utilisation des moyens de la commune, exploitant les différentes possibilités du Briscope et d’une manière générale des structures et locaux mis à disposition des associations.
    1. Action culturelle de la ville : du festival de la Bulle d’or qui impacte fortement la vie culturelle locale, aux actions nationales (fête de la musique, dix mots, etc..), en passant par les actions en partenariat avec des institutions diverses, la commune doit être l’instigateur et l’animateur.
    2. Gestion de la médiathèque au sein du Briscope et de toutes les offres autour de la lecture et du multimedia.
    3. Gestion des moyens (locaux en particulier), qui impose une coordination entre tous les acteurs et dépasse l’utilisation du seul Briscope.

L’organisation telle qu’elle existe nous paraît confuse, elle ne nous paraît pas appropriée à une bonne gestion de ces missions, que ce soit dans l’expression des politiques, dans l’implication des associations ou dans l’organisation des services (chevauchement entre le rôle du Cerca et de la mission culture).

  1. Nos propositions :

Sans revenir sur la décision discutable d’avoir supprimé la délégation de la programmation culturelle, voici ce que nous proposons pour l’avenir, qui nous semble pouvoir être débattu :

  • Ramener la Régie autonome à la seule gestion de la programmation culturelle (points 1 et 2 de la première mission). Dans ce cadre, l’implication de personnes pour assister le responsable de la programmation culturelle pourrait être plus organisée et mieux comprise. L’OCB remplissait entièrement cette mission par le passé. Il convient d’imaginer un partenariat entre la ville et les personnes qui s’intéressent à la programmation culturelle, avec des objectifs clairs et une organisation démocratique (qui participe ? comment sont choisies  les personnes? comment garantir la pluralité de représentations ?…). De fait, le Cerca et cette entité de gestion pourraient ne faire qu’un, ce qui faciliterait la compréhension de l’action communale.
  • Remettre dans le giron de la gestion municipale (budget de la culture) les autres activités que sont la gestion de l’action culturelle et la mise à disposition des moyens, qui de notre point de vue ne gagnent rien à être dissociées (car alors pourquoi ne pas avoir intégré la gestion de la médiathèque dans le dispositif « régie » ?).
  • Mettre en place un comité des utilisateurs du Briscope pour être au plus près des besoins, faciliter la coordination entre les activités et le partage de projets, optimiser le fonctionnement quotidien (ouverture, gardiennage, etc …).

Nos propositions sur ce sujet témoignent de notre volonté de participer à l’effort communal pour que chacun puisse trouver sa place et participer sereinement à une vie culturelle à laquelle nous sommes profondément attachés.